Jean Patry : « Vraiment, je tiens à remercier toutes les personnes qui nous ont suivis et qui ont cru en nous pour ce TQO »

Jean Patry : « Vraiment, je tiens à remercier toutes les personnes qui nous ont suivis et qui ont cru en nous pour ce TQO »

19 janvier 2020 0 Par Block-Out Actu

Jean Patry est un joueur international français de volley-ball originaire de Montpellier. Il mesure 2,07 m et joue au poste de pointu. Il est le fils de l’ancien joueur international Christophe Patry. Cet enfant du pays d’Occitanie a profité de la proximité du CNVB pour y faire ses premières armes au volley-ball et poursuivre sa carrière au Montpellier VUC. Depuis cette saison, il a pris son balluchon et est parti à l’aventure pour l’un des championnats les plus exigeants de la planète Volley, l’Italie pour évoluer au Top Volley Cisterna. Et l’exigence lui réussit car son talent a explosé dès sa première compétition majeure en tant que titulaire. Il a fini le Tournoi de Qualification Olympique de Berlin de ce début de janvier 2020 en tant que meilleur marqueur, meilleur attaquant et meilleur serveur pour être élu à la fin par la CEV meilleur pointu et surtout MVP (meilleur joueur) du tournoi ! Les mots ne sont donc pas assez forts pour décrire l’immense plaisir chez Block-Out de pourvoir interviewer ce jeune joueur talentueux.

Jean Patry, d’abord merci pour avoir accepté l’interview de Block-Out, c’est vraiment une grande joie que d’avoir cet entretien avec toi. Notre première question : Avant de partir en Italie, comment s’est passé le choix de l’Italie et du club du Top Volley Cisterna ?
Mon choix de partir en Italie s’est fait après une saison un peu délicate avec Montpellier. Mon agent (italien lui aussi) a reçu des propositions de clubs en Italie et je me suis tourné vers Latina, un club historique en Italie qui a vu passer pas mal de bons joueurs aujourd’hui. La présence d’un très bon entraineur Lorenzo Tubertini et d’un passeur d’expérience Daniele Sottile m’a tout de suite motivé dans mon choix.

Comment trouves-tu le travail demandé dans un club italien par rapport à ce que tu as connu en France ?
Le volume de travail est beaucoup plus élevé qu’en France. Par exemple on a trois musculations lourdes par semaines, là où à Montpellier on en avait deux dont une légère avant les matchs. Les entrainements sont aussi différents, c’est beaucoup plus de jeu et plus longtemps, ça peut aller jusqu’à deux heures juste après être sorti de la musculation. Et aussi il y a tout le travail vidéo à côté. Presque tous les matins, j’analyse en vidéo l’entrainement de la veille avec le coach, les entrainements sont d’ailleurs tous filmés et avec nos statistiques. Il m’a fallu un peu de temps pour prendre le rythme, mais maintenant je vois que ça paye.

Au Top Volley Cisterna, a-t-on d’abord voulu améliorer tes performances de joueur ou t’apprendre une nouvelle façon de jouer ?
Non, on n’a pas voulu me faire jouer différemment ou m’apprendre un autre volley-ball. On a beaucoup analysé en vidéo ce que je pouvais changer et j’ai essayé de mettre en application ce qu’on avait dit. J’ai changé quelques points dans mon jeu comme mes courses d’élan, mon départ au service, mes positions de défense.

Les exigences demandées aux joueurs sont plus fortes en France ou en Italie ?
Le championnat en Italie est beaucoup plus élevé qu’en France. Là-bas, tu joues les meilleures équipes du monde avec les meilleurs joueurs du monde. Certaines équipes sont plus fortes que certaines bonnes équipes nationales. Tous les week-ends, tu vas à la guerre, et gagner un set, c’est à chaque fois un truc de dingue. Et le monde du volley est globalement bien différent par rapport a la France. Les clubs sont bien mieux structurés, ça peut même se comparer à des clubs de foot en France.

Le championnat en Italie est réputé plus difficile qu’en France. Quel est ton avis ?
Bien-sûr que les exigences sont hyper-hautes en Italie, mais ça ne se compare pas vraiment. En France, si tu n’es pas au niveau on ne va pas t’excuser parce que t’es en France. En Italie, par contre, ça peut être juste plus simple de casser ton contrat et de te dire bye-bye si tu ne conviens plus.

Quels sont les points que tu aimerais au plus vite améliorer chez toi avec l’expérience que tu engranges dans ce championnat ?
J’aimerais m’améliorer sur tous les points forcément, je travaille tous les jours pour mais si je dois en citer quelques-uns, ça serait de stabiliser mon service, mon attaque en 4 et mon attaque en 2 sur contre-attaque.

Revenons à ce TQO de Berlin, est-ce un point clef de ton histoire, car beaucoup ont le sentiment que c’est le championnat qui t’a révélé ?
Oui en quelque sorte, mais après je ne sors pas de nulle part non plus. Je joue en Italie dans un championnat très relevé et ça fait trois ans que je suis en Equipe de France. Maintenant, c’est sûr que ma bonne prestation sur ce TQO a surpris pas mal de monde et m’a permis d’acquérir plus de confiance. Aujourd’hui, le plus important pour moi est de stabiliser ce niveau.

Pourrais-tu nous raconter un fait marquant qui est arrivé dans ce TQO, un moment que tu n’oublieras jamais de cette compétition ?
Si je devais retenir quelque chose c’est notre « remontada » en demi-finale contre la Slovénie. On a réussi à rester dans la partie alors que tout était perdu, mais on a continué d’y croire et on n’a pas arrêté de se dire « ça va tourner les mecs, ça va tourner », et ça a tourné. C’est fou qu’on ait réussi à faire ça sur un match avec un tel enjeu. Plus généralement, je me souviendrai longtemps de ce TQO car on est vraiment partis entre potes avec l’envie de jouer ensemble et de se faire plaisir, c’était vraiment de super moments à vivre sur le terrain et en dehors.

Et sinon tu fais des rêves olympiques depuis cette finale gagnée à Berlin ?
On rêvait de se qualifier, c’est fait. Maintenant je pense qu’il nous faut un peu de temps avant de se projeter vraiment à Tokyo, mais c’est dans nos têtes, et petit à petit, on va se mettre en mode combat pour ces JO.

Tu es d’une famille baignée dans le volley-ball, comment vivent  tes proches de ton nouveau statut après avoir été élu meilleur pointu et MVP du TQO de Berlin ?
Nouveau statut, ce n’est pas le terme, je ne me suis pas installé en tant que premier pointu. La vérité, c’est celle du moment, j’ai bien joué sur ce tournoi mais les choses peuvent être différentes dans le futur. Maintenant bien évidemment que mes proches étaient tous fous de joie et fiers de ce que j’ai… Nous avons fait. Puis de manière plus large j’ai vraiment le sentiment qu’on a rendu fiers pas mal de français qui aiment le volley, et on leur a donné beaucoup de plaisir. C’est un sentiment unique.

Tu pourrais citer quelque chose qui te manque de la France ?
Montpellier, la ville, toutes mes habitudes que j’avais là-bas me manquent. Je suis née là-bas et grandi là-bas donc pas facile d’en partir. Puis forcément ma famille et mes amis, ça, c’est inévitable mais c’est aussi le sens de la vie. Y’a un moment faut prendre son envol et aller voir ce qu’il se passe ailleurs, c’est ce qui fait grandir.

L’entretien est trop court car nous aurions voulu te poser 100 questions de plus mais il faut aussi en laisser pour plus tard… Block-Out te laisse le mot de la fin, à toi de conclure cet entretien
Vraiment, je tiens à remercier toutes les personnes qui nous ont suivi et qui ont cru en nous pour ce TQO. On a aussi reçu chacun des centaines de messages et malheureusement, on ne peut pas répondre à tout le monde. Et puis l’engouement qu’a pris ce tournoi de qualif a été exceptionnel. On est fiers d’avoir donné du plaisir aux gens qui nous ont regardés. On vous donne rendez-vous à Tokyo.